Il est primordial pour nous d’approfondir nos connaissances sur les religions et les cultures de l’Asie orientale alors que l’importance politique et économique de cette région augmente. En tant qu’objets véhiculant différents niveaux de sens, outils apotropaïques, et objets de dévotion, les textes ont joué un rôle décisif dans la vie religieuse, économique, artistique et scientifique en Asie orientale. Grâce aux découvertes des textes et des objets et grâce à l’accroissement des possibilités pour l’observation ethnographique, la recherche académique pendant la dernière décennie a enrichi nos connaissances sur les phénomènes tant historiques que contemporains en Asie orientale. Malgré ces progrès, la plupart des recherches dans ce domaine restent divisées par les limites qui séparent les communautés et les pratiques par des frontières nationales, des disciplines académiques et des lignées sectaires. Il en résulte que les nouveaux matériaux découverts ne sont pas partagés ou diffusés largement. Les connexions qui existent entre des temps et des lieux apparemment distincts restent obscures. Le présent projet cherche à briser ces barrières en réunissant les chercheurs et les sources qui se trouvent rarement dans une situation de dialogue ou de conversation efficace. Créer un réseau global d’institutions et de chercheurs pourra nous permettre d’accéder aux matériaux, de les enregistrer et de les interpréter d’une façon qui serait autrement impossible.

Notre équipe recueillera des données textuelles et d’autres formes de données pertinentes et les rendra accessibles sur une base de données en libre accès ainsi qu’un musée hébergés par l’Université de British Columbia (UBC). La collection servira de base pour des colloques académiques, des conférences et une exposition tournante, qui contribueront à asseoir l’UBC comme un centre en pointe pour les études sur les religions et les cultures de l’Asie orientale.

Les phénomènes que ce programme étudie, y compris les exemples qui montrent comment les progrès technologiques dans les médias contribuent au développement des religions et vice versa, ainsi que l’orthodoxie, la canonicité et la formation des canons, ont des parallèles importants autour du monde. Les schémas d’interaction entre les différents supports des écrits religieux et entre les textes et les objets sont très riches. En abordant ces sujets dans un cadre méthodologique innovant, nos chercheurs arriveront aux conclusions qui inciteront les savants travaillant à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du domaine des religions de l’Asie orientale à aborder leurs propres recherches de nouvelles façons.

Sous-jacent à ce projet est un modèle ambitieux conçu pour la recherche et la formation adapté à des perspectives opérationnelles et technologiques qui n’existaient pas ces dernières années. Notre projet vise à créer une collaboration institutionnelle qui joint les études de terrain aux études textuelles et intègre les recherches originales à la création des archives. Parmi les résultats prévus est l’exemple qu’il apportera aux futures entreprises académiques, surtout celles qui nécessitent une collaboration entre divers groupes de chercheurs dans les institutions et au sein de différents domaines autour du monde. Comme nous nous efforcerons de relever les défis que ce processus entraînera inévitablement, cette approche innovatrice servira d’exemple et facilitera le développement de projets similaires entrepris par d’autres groupes. Notre projet aidera aussi à pousser le Canada sur le front des échanges et des recherches académiques, et encouragera l’établissement des liens culturels qui promeuvent des collaborations fructueuses dans d’autres domaines.

Au-delà de multiples contributions aux recherches académiques, le projet s’avère primordial pour les enseignants, les décideurs politiques et les intérêts commerciaux qui promeuvent des liens culturels plus profonds et plus durables avec l’Asie orientale au sein d’un Canada de plus en plus orienté vers le Pacifique. Une recherche pointue sur l’Asie orientale renforcera la réputation que le Canada a déjà commencé à établir de première porte d’entrée vers l’Asie, non seulement pour les Canadiens mais aussi pour les étudiants internationaux venus des quatre coins du monde.

Ce projet international et interdisciplinaire a été rendu possible grâce à une donation de $2.5 millions venue de the Canadian Social Sciences and Humanities Research Council (SSHRC), une contribution de plus de $11 millions de la part de l’UBC (établissement d’accueil) et de presque deux douzaines d’institutions partenaires canadiennes et internationales ainsi que d’autres contributeurs.